ACTE I, SCÈNE VIII
FLORIMOND
Piiisi|iic monsieur Crispin demande des raisons...
CRISPIiN.
Oui, monsieur, une seule.
FLORIMOND
Eh bien ! nous le chassons, Afin de ne plus voir sa maussade figure.
CRISPIN
Maussade? Le reproche est nouveau , je vous jure. ÎMa figure jamais n'efFaroucha les gens, Même elle m'a valu des propos obligeants.
FLORIMOND
Elle ne me déplaît que pour l'avoir tro]> vue.
CRISPIN
Depuis un mois à peine elle vous est connue.
FLORIMOND
c'est beaucoup trop: je veux un visage nouveau.
CRISPIN
Mais qu'il soit vieux ou neuf, qu'il soit maussade ou beau; Qu'importe, enfin, pourvu qu'un valet soit fidèle, Et (ju'il serve son maître avec esprit et zèle? Sans me vanter, monsieur, je vous sers à ravir.
FLORIMOND
Je n'aime point non plus ta façon de servir.
crispi'n.
Qu'a-t-elle, s'il vous plaît?...
FLORI.MO.ND
Elle est trop uniforme.
J'aime qu'à mon humeur un valet se conforme: Toi , lu me sers toujours avec le même soin;
Toujours auprès de moi je te trouve au besoin ; Jamais...
( Pendant ce discours , Crispin a pris une plume et du papier, et a l'air d'écrire sur son genou. ) Que fais-tu là?
CRISPIN
J'écris ce que vous dites.
Vous me traitez, monsieur, par-delà mes mérites, Et je n'ai pas besoin d'autre certificat; Signez.
( // lui présente la plume et le papier. }
FLORIMO.ND.
Oh! c'en est trop. Sais-tu bien, maître fat, Qu'à la fin...
CKISPIN.
Serviteur.
(à part, en s'en alLmt. ) Trouvons un stratagème Pour le servir encore en dépit de lui-même.