‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 16 sur 240 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

FLORIMOND

Piiisi|iic monsieur Crispin demande des raisons...

CRISPIiN.

Oui, monsieur, une seule.

FLORIMOND

Eh bien ! nous le chassons, Afin de ne plus voir sa maussade figure.

CRISPIN

Maussade? Le reproche est nouveau , je vous jure. ÎMa figure jamais n'efFaroucha les gens, Même elle m'a valu des propos obligeants.

FLORIMOND

Elle ne me déplaît que pour l'avoir tro]> vue.

CRISPIN

Depuis un mois à peine elle vous est connue.

FLORIMOND

c'est beaucoup trop: je veux un visage nouveau.

CRISPIN

Mais qu'il soit vieux ou neuf, qu'il soit maussade ou beau; Qu'importe, enfin, pourvu qu'un valet soit fidèle, Et (ju'il serve son maître avec esprit et zèle? Sans me vanter, monsieur, je vous sers à ravir.

FLORIMOND

Je n'aime point non plus ta façon de servir.

crispi'n.

Qu'a-t-elle, s'il vous plaît?...

FLORI.MO.ND

Elle est trop uniforme.

J'aime qu'à mon humeur un valet se conforme: Toi , lu me sers toujours avec le même soin;

Toujours auprès de moi je te trouve au besoin ; Jamais...

( Pendant ce discours , Crispin a pris une plume et du papier, et a l'air d'écrire sur son genou. ) Que fais-tu là?

CRISPIN

J'écris ce que vous dites.

Vous me traitez, monsieur, par-delà mes mérites, Et je n'ai pas besoin d'autre certificat; Signez.

( // lui présente la plume et le papier. }

FLORIMO.ND.

Oh! c'en est trop. Sais-tu bien, maître fat, Qu'à la fin...

CKISPIN.

Serviteur.

(à part, en s'en alLmt. ) Trouvons un stratagème Pour le servir encore en dépit de lui-même.

Page 1