‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 162 sur 240 · ACTE V, SCENE XIII. 2o · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE XIII. 2o

Mme DE aOSELI.E.

Ceci trompe un peu votre attente.

Mme DE PLINVII. LE.

Comment! voici le fils de monsieur?

Mme DE ROSELLE.

Oui, ma tante.

M. DE P LIN VILLE

Je ne m'attendois pas à celui-ci, ma foi!

Voyez donc comme enfin tout s'arrange pour moi?

M. DORME CIL, à madame de PlinvUlc.

Madame voudroit-elle, à présent, se dédire?

Mme DE PLI N VILLE.

Monsieur est votre fils : je n'ai plus rien à dire; Car je rendis toujours justice à ses vertus.

M. BEL F OR T

Ah ! de tant de bontés vous me voyez confus.

( à Angélifjue. ) Dornieuil vous aime autant que Belfort a pu faire, r.t Belfort et Dormeuil...

ANGÉLIQUE

Savent tous deux me plaire.

ROSE, à M. Belfort.

Pour moi, je ne sais pas, monsieur, si j'aurai tort; Mais je vous nommerai toujours monsieur Belfort.

M. DORMEUIL

J'ai , depuis quelque temps , essuyé bien des peines. Enfin la chance tourne : il est d'heureuses veines.

M. DE PL IN VIL LE

Moi , je n'ai jamais eu que du bonheur : eh bien ! Je sui<, en ce moment, presque étonné du mien.

2o4 L'OPTIMISTE.

Mme DEROSELLE.

Gardez votre bonheur; il vous sied à merveille.

M. DE P L I .\ V I L L E

C'est qu'on ne vit jamais d'aventure pareille. Est-ce un rêve? J'en fais assez souvent, dit-on; Mais ce n'en est pas un qu'ici je fais: oh! non...

Mme DE ROSELLE.

La raison ne vaut pas les songes que vous faites. Puissions-nous être tous heureux comme vous l'êtes !

Mme DE PL IN VILLE.

Il ne sent pas qu'il l'est par hasard, cette fois.

M. DE PLINVILLE.

Qu'importe le hasard, pourvu que je le sois?

En quelque sorte on peut faire sa destinée...

Mais récapitulez avec moi ma journée.

On étoit convenu d'un voyage sur l'eau ;

Si nous partions, le feu consumoit le château.

On reste; on l'éteint : bon. Belfort, mon secrétai^-e,

Plaît à ma fille, il est fils d'un vieux militaire.

Je perds cent mille écus : fort bien. Voilà d'abord

Que celui qui les gagne est père de Belfort.

Monsieur me fait une offre aussi noble que franche ,

Et sans avoir joué, moi, je prends ma revanche.

Il propose son fils ; et , par un tour plaisant,

Ma femme le reçoit , tout en le refusant ;

Et ma fille, d'abord un peu contrariée,

Au gré de ses désirs se trouve mariée.

Je voudrois bien tenir notre ami Morinval :

Nous verrions s'il diroit encor que tout est mal.

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