‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 203 sur 240 · ACTE 111, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCENE

Ma venue en ces lieux a devancé la vôtre. Ah 1 nous sommes, monsieur, bii-n heureux l'un et l'autre. Eus-je tort quand hier je vous félicitai? Le portrait que j'ai fait vous paroit-il flatté?

-M. UE FLORVILLE

Il s'en faut bien.

Mlle d'orfeuil.

Messieurs, épargnez-moi, de grâce ; Ou vous m'obligerez...

M. DE FLOnVIM.E.

Une telle menace Pious impose silence.

M. d'or LANGE.

Oui , changeons de sujet.

Il faut que je vous conte un rêve que j'ai fait. Ce qui frappe le jour, la nuit nous le rappelle; Ainsi je révois donc à vous, mademoiselle: Je vous voyois par-tout, au château, dans le bois; Et je vous voyois... telle enfin que je vous vois. De cette vision mon ame étoit charmée.

Mais quoi ! je sens mes yeuv se remplir de fumée: Je les ouvre ; je vois quelque lueur briller ; J'entends même de loin la flamme pétiller. Inquiet, de mon lit aussitôt je m'élance. Et je vais voir... Par-tout régne un profond silence. Un instinct me conduit à votre appartement.

M. DE FLORVILLE

<'et instinct est heureux.

M. D'0RLA>r, E.

Oui : le feu justement

Avoit pris, par malheur. j)rès de mademoiselle. Chez Justine.

Mlle u'oUFEUlL.

Ah ! bon Dieu !

M. d'or LANGE.

Faites grâce à mon zélé :

On est bien dispensé de politesse alors. Je pousse votre porte , et , redoublant d'efforts, Je l'enfonce... Déjà vous étiez éveillée, D'une robe légère à la hâte habillée : Je vous prends dans mes bras... nouvelle e.-jcuse encor Je veux vous emporter au fond du corridor, Mais quoi ! déjà la flamme en barroit le passage.

M. DE FLOR VILLE

Que faire?

M. d'orlaxge, à mademoiselle cfOrfeuil.

Mon manteau vous couvre le visage, Même aux dépens du mien : moi , je risquois si peu ! Je vous enlève enhn, tout au travers du feu, Et vais vous déposer, aussi morte que vive. Dans la cour, où bientôt monsieur lui-même arrive. Suivi de votre père : il s'en étoit chargé. Car tons deux, entre nous, nous avions partagé Le bonheur de sauver cette chère famille : Monsieur portoit le père, et je portois la fille.

M. de FLOR vil le.

Tout en rêvant, monsieur, vous choisissez fort bien. Ce poids est plus léger et jdus doux que le mien.

M'ie d'or F EU IL.

En ce cas, qui jamais n'iiirj\era, j'espère ,

Page 1