‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 214 sur 240 · ACTE IV, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II

Voilà tout ce qu'il faut pour créer un jardin. J'en ai fait vingt; ils sont tous dans mon porte-feuille. Entre mille sentiers bordés de chèvre-feuille, Il en est un bien sombre : on n'y voit rien du tout; Et l'on est étonné, quand on arrive au bout, De voir... Qu'y verra-t-on? Un Amour, un vieux temple? Un kiosque? Oh 1 non; rien d'étonnant: par exemple, Un petit pavillon, au-dehors tout uni.

Plus modeste en dedans; le luxe en est banni : On gâte la nature, et moi je la respecte. Du pavillon, moi seul, je serai l'architecte : Je serai jardinier aussi ; je planterai Des arbrisseaux, des fleurs ; je les arroserai ; Car j'aurai sous ma main une source d'eau pure. Et tout autour de moi la plus belle verdure... De ce lieu tout mortel est d'avance exilé ; Mon beau-père et ma femme en auront seuls la clé. Là, je rêve, je lis : tapi dans ma retraite, Je vois, du coin de l'œil, la timide Henriette Qui vient pour me surprendre, et marche à petit bruit, Retenant son haleine ; elle ouvre et s'introduit. Ah ! si la solitude est douce en elle-même, Je sens'qu'elle est plus douce auprès de ce qu'on aime.

288 LF.S CHATKAL-X KN ESPAGNF.

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