‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 230 sur 240 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

mademoiselleD'ORFEUIL, M. D'ORLANGE.

M. d'o r l a X g e , rt part.

De mon rival servons les intérêts.

i«"« d'orfeuil, à pa»t.

C'en est fait; écartons d'inutiles regrets.

M. d'orlange.

Florvillc, en se montrant, peut-il aussi vous plaire?

Mlle d'o R F E U I L.

Je suivrai sur ce point les ordres de mon père.

M. d'orlange.

Cela ne suffit pas, non. Vous voyez en moi Votre futur époux ; vous l'acceptez : mais quoi ! Si je ne l'étois point?

Mlla d'or FEU IL.

Eh mais, monsieur, vous l'êtes.

M. d'orlange.

Je vais vous confier mes alarmes secrètes.

Mlle d'o r F e u I l , vivement.

Vos alarmes, monsieur? Quel sujet?...

Entre nous, Je crains de n'être pas assez digne de vous.

«Ile d'or F EU IL.

Vous êtes trop modeste.

,M. d'orlange.

Ah! je me rends justice.

3o8 LES CHATEAUX EN ESPAGNE.

J'ai ( car d'avance il faut que je vous avertisse ) Mille défauts, d'honneur! pour un mari, s'entend. Je meconnois; je suis vif, volage, inconstant, Et capricieux même, il faut que je le dise.

M^e d'orfeuil.

Vous avez le mérite, au moins, de la franchise.

M. d'orlaxge.

C'est en me comparant avec l'autre étranger Que je me suis trouvé vain, étourdi, léger... Ce jeune homme est vraiment on ne peut plus aimable. Qu'en dites-vous?

mUc d'o r F e u 1 l.

Il est tout-à-fait estimable.

( à part. ) Voudroit-il m'cprouver?

M t>'0RlAXGE.

Eh ! voilà ce qu'il faut...

Dans un époux. Tenez, je l'observois tantôt. Ses discours sont remplisde raison, de justesse; Ils respirent la grâce et la délicatesse : Je vous assure enfin qu'il vaut bien mieuv que moi

mUs d'or F eu il.

Vous plaisantez...

.M. n'oR LA.NCE.

Moi ! Non , je suis de bonne foi.

A vos charmants attraits j ai cru le voir sensible : Qui ne le seroit pas?... El s'il étoit possible Que lui-même, à son tour, il eût pu vous touchi-i' ! Dites-le : je suis homme à l'envoyer chercher... Que vous dirai-je enfin? à lui céder moi-même

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