‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 239 sur 240 · ACTE V, SCENE X. Siy · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE X. Siy

Mlle d'or FEU IL.

Moi, je sens tout le prix d'un trait si délicat.

( à M. (fOrlange. ) Vous n'aviez à ma main qu'un droit peu légitime ; Vous en avez, monsieur, de vrais à mon estime.

( à son père. ) Vous savez notre erreur, mon père?

M. d'or F EU IL.

Oui , voilà donc Monsieur Florville : enfin on le connoit!

M. DE FLORVILLE

Pardon.

M. d'o R F eu il. .

Mais si ma fille, grâce à ce dessein étrange, S'étoit trop prévenue en faveur de d'Orlange, Comme, par parenthèse, il s'en est peu fallu, C'eût été votre faute, et vous l'auriez voulu.

M. DE florville.

Aussi , je m'en allois sans accuser personne. Me pardonnerez-vous ?

mUc d'o n F e u I l.

Pour moi, je vous pardonne.

Mais à condition que vous ne feindrez plus.

M. DE FLORVILLE

Non : croyez que jamais...

m11= d'or feuil.

Eh ! discours superflus!

Je vous crois sans peine.

M. OF. FLORVILLE

Ah ! que je dois rendre grâce

3i8 LES CHATEAUX EN ESPAGNE.

A l'ami généreux qui fit suivre ma trace!

M. d'orlaxge.

Moi ! j'ai fait mon devoir. Ah ! respirons... L'on sent Qu'une bonne action nous rafraîchit le sang : Et ce bien-là n'est pas un Lien imaginaire; Car je renonce à tout ce qu'on nomme chimère. C'en est fait, pour jamais me voilà corrigé... Tenez, que je vous dise un bon dessein que j'ai. Assez d'autres sans moi serviront bien le prince; Moi, je vivrai tranquille au fond d'une province... Seroit-il une terre à vendre en ce canton?

M. d'or F EU IL.

Justement: j'en sais une assez près d'ici.

M. d'orlaxge.

Bon.

Je l'achète. J'y prends une femme estimable, D'une vertu solide et d'un esprit aimable, Douce... une autre Henriette, en un mot, s'il en est. J'aurai beaucoup d'enfants; le grand nombre m'en plait; Le ciel bénit toujours les nombreuses familles. Ma femme, c'est tout simple, élèvera les filles : Mais les garçons n'auront de précepteur que moi ; C'est le plus doux plaisir, c'est la première loi. Je saurai démêler leur goût, leur caractère ; L'un sera dans la robe, et l'autre militaire. Ils me feront honneur. Que je suis fortuné !

( à M. dOrfeuil. ) Mon voisin , vous serez parrain de mon aîné. Je n'irai pas bien loin lui chercher une femme :

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