ACTE III SCÈNE II
Eh quoi ! monsieur... J'en crois à peine un tel aveu. Quoi, vous?... C'est donc ainsi que l'on se fait un jeu?...
Madame, j'avouerai que je suis bien coupable. Oui , je sens qu'à vos yeuv: je suis inexcusable : Aussi je suis bien loin de me justifier. Un autre , dans ma place , auroit su tout nier ; Un autre eût fait mentir ses yeu.K et son visage: Mais je ne fis jamais ce vil apprentissage. Je suis léger, volage, et j'ai bien des défauts. Mais du moins je n'ai pas un cœur perfide et faux.
En A. s TE.
Ce langage m'étonne, il faut que je le dise. 11 vous sied bien, monsieur, déjouer la franchise, A vous qui, me cachant un indigne secret...!
FLORIMOX D.
Ah! si je me suis tu, ce n'étoit qu'à regret. Vousdiites voir combien une telle contrainte Coûtoit à ma franchise , et que la seule crainte Retenoit mou secret, tout près de m'échapper. Mais se taire, après tout, ce n'étoit pas tromper.
Vous soutenez fort bien ce noble caractère;
Comme si vous n'aviez fait ici que vous taire!
De grâce, dites-moi , quel fut votre dessein ,
Quand votre oncle pour vous vint demander ma main?
Répondez...
FLORIMOND
A cela je répondrai, madame.
Que mon oncle ignoroit cette subite flaninse.
ÉLI AXTE.
Allons, fort bien. Mais vous, monsieur, vous le saviez Quand ici même, ici, vous sûtes à mes pieds Prodiguer les serments d'une amour éternelle.
FLOm MON D.
Moi, madame? Depuis ma passion nouvelle Je ne vous ai pas dit un mot de mon amour.
ÉLI.\NTE.
J'admire un tel sanjj-froid. Quoi ! monsieur, en ce jour, Plus tendre que jamais, plein d'une ardeur extrême, Vous n'êtes pas venu me dire,ye vous aime?
F LO RI MONO
Sans doute, je le dis, madame, j'en convien; Et quand je le disois, mon cœur le sentoit bien.
EL I AN TE, « part.
O ciel ! à sa franchise aurois-je fait injure?
{haut.) Expliquons-nous ici , monsieur , je vous conjure. M'auroit-on aliusée eu voulant m'informer Des nœuds que votre main étoit près de former?
FLORIMOND
Non , madame.
ÉI.1 ANTE.
C'est donc vous qui in avez trom|ice?
F LO R 1 M o N D.
Non , madame.
A présent, me voilà retombée Dans mon inrerlitude et mes premiers combats.