‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 57 sur 240 · ACTE III, SCENE XH. 8i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE XH. 8i

FLORIMON D.

Ah ! Latleur, Quel plaisir, (juel délice en voyageant l'on goiite! Toujours nouveaux objets s'offrent sur votre route ; Chaque pas vous présente un spectacle inconnu ; On ne revoit jamais ce qu'on a déjà vu; Une plaine aujourd'hui, demain une montagne; Le matin c'est la ville, et le soir la campagne. Ajoute qu'on ne peut s'ennuyer nulle part : Un lieu vous plaît, ou reste; il vou» déplaît, on part.

CRISPI.\

Et l'amour?

FLORIMOND

Plus d'amour, plus de brûlantes flammes. cnispiN.

Quoij tout de bon, monsieur, vous renoncez aux femmes?

FLORIMOND

Dis que j'y renonçois, quand mon cœur enchanté

Adoroit constamment une seule beauté;

Quand mes yeux, éblouis par un charme funeste,

Fixés sur une seule , oublioient tout le reste :

Car je faisois alors injure au sexe entier.

Mais cette erreur, enhu, je prétends l'expier.

Je le déclare donc, je restitue aux belles

Un cœur qui trop long-temps fut aveugle pour elles.

Entre elles désormais je vais le partager.

Le donner, le reprendre, et jamais l'engager.

J'offensois cent beautés quand je n'en aimois qu'une :

J'en veux adorer mille, et n'en aimer aucune.

Quel jour est-ce?

cnispiN.

Jeudi.

FLORIMOND

Bon ! jour de bal; j'y cours.

C'est là le rendez-vous des jeux et des amours : C'est là que je vais voir, parés de tous leurs charmes, Tant d'objets enchanteurs, de beautés sous les armes. Je ne pouvois choisir plus belle occasion Pour faire au sexe entier ma réparation.

FIN DE LINCONSTANT.

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