ACTE I, SCÈNE VII. ,or
Lhomieur, je n'ai pas, moi , senti la moindre iliose, J'ctois dans un profond et morne accablement, Mais qui ne me faisoit souffrir aucunement.
ROSE
Ah! ah!
M. DE PLINVILLE.
Notre machine alors est engourdie, Et c'est un vrai sommeil que cette maladie. Mais, en revanche aussi , que le réveil est doux.! Nous renaissons alors, et le monde avec nous. Vous vivez par instinct; moi , je sens que j'existe. J'éprouve une langueur, mais elle n'est point triste; Et ma foiblesse même est une volupté Dont on n'a pas d'idée en parfaite santé : La santé peut paroitre, à la longue, un peu fade; Il faut , pour la sentir, avoir été malade. Je voudrois qu'à ton tour tu pusses l'être aussi. Et tu verrois toi-même...
ROSE
Ah ! monsieur, grand'merci :
Tomber malade, moi!
M. DE PLINVILLE.
* Ce seroit bien dommage.
ROSE
Et puis si je mourois?
Bon! Meurt-ou à ton âge?
Tu me vois!...
ROSE
Vous vivez; nous sommes tous contents.
Mais, monsieur, je m'arrête en ce lieu trop long-temps Je'm'en vais'/de'ce pas, trouver mademoiselle ; Car le moins que je puis je me sépare d'elle.
M. UE PLINVILLE.
C'est bien fait
[Rose soH.)