SCÈNE XI
M DE PLINVILLE, M. DE MORINVAL.
M. DE PLINVILLE.
Ah ! bonjour, mon ami.
.M. DE MORINVAL.
Bonjour , je vous salue.
M. DE PLINVILLE.
Vous venez à propos : je passois en revue Tous mes sujets de joie...
M. DE MORINVAL.
Et moi, tous mes chagrins.
Jesongeois comme ici mes jours sont purs, sereins.
M. DE MORINVAL.
Que ne puis-je me croire heureux , comme vous faites !
M. DE PLINVILLE.
Mais il ne tient qu'à vous de le croire; vous l'êtes.
M. DE MORINVAL.
Heureux, moi? sans sujet mes parents m'ont haï; Par des gens que j'aimois je me suis vu trahi.
M. DE PLINVILLE.
Oubliez-les; songez à l'ami qui vous reste.
M. DE MORINVAL.
Puis-je oublier encor cet accident funeste Qui me priva d'un frère, hélas! que j'adorois?
M. DE PLIN VI LLE
Je vous en tiendrai lieu.
io8 L'OPTIMISTE.