SCÈNE VIII
.»mc DE ROSELLE.
Je VOUS possède donc pour un petit moment. On ne peut vous parler ni vous voir seulement; Il semble, en vérité , que vous fuyez ma vue :
126 LOPTIMISTE.
C est cepen Jaut pour vous qu'ici je suis venue.
ANGÉLIQUE
D'un tel empressement mon cœur est pénétré.
Mme DE ROSELLE.
En ce cas , prouvez-moi que vous m'en savez gré. De ma jeune cousine on me vantoit sans cesse L'enjouement, la beauté, la grâce, la finesse. Je trouve bien l'esprit, la grâce, les appas; Mais, quant à l'enjouement, je ne le trouve pas.
ANGÉLIQUE
Vous me flattez. Pour moi, s'il faut que je le dise, Plus agréablement je tus d'abord surprise; Car tout ce que je vois est encore au-dessus...
M">c DE ROSELLE.
Ne me louez pas tant, et riez un peu plus. Faut-il donc vous prier d'être gaie à votre âge. Sur-tout quatre ou cinq jours avant le mariage? Le mari dont pour vous vos parents ont fait choi.v Mérite votre amour, ou du moins je le crois.
ANGÉLIQUE
Il est fort estimable.
Mme DE ROSELLE.
Oh! tout-à-fait, ma chère.
Et vous formez ces nœuds avec plaisir, j'espère?
AN GÉLIQUE.
Avec plaisir, madame? Oui , c'en est un pour moi De contenter mon père. Il engage ma foi , Me donne à son ami : j'obéis sans murmure.
Miac DE ROSELLE.
Vous serez très heureuse avec lui , j'en suis sûre.