VOLUMNIUS, ALBIN
Jusqu'où nous a réduits un sort injurieux?
Vaincus et dédaignés! En est-ce assez, 6 dieux?
Nous trompiez-vous , hélas ! ô vous dont les oracles
Ont au peuple de Mars promis tant de miracles?
Dieux immortels, auteurs de nos prospérités,
.4vec Coriolan nous avez-vous quitté.s?
L'horreur est dans nos murs; il semble qu'un seul homme
Emporte le courage et les forces de Rome.
Troublé par les remords, ce peuple sans appui
S'accuse et croit le ciel irrité contre lui:
Le malheur qu'on mérite accable davantage.
Si, parmi tant de maux que ma douleur partage.
Je pouvois... Mais que dis-je !... oui, cet heureux dessein,
Un dieu lui-même, un dieu le fait naître en mon sein.
J'embrasse avec transport cette unique assistance.
Des malheureux Romains la dernière espérance..
Albin , volez à Rome, et portez au sénat
s36 CORIOLAN.
Un avis important qui peut sauver l'état,
Qu'en vos fidèles mains la mienne va remettre :
Hâtez l'heureux secours que j'ose m'en promettre.
Au conseil assemblé je vais parler de paix ,
De l'assaut, s'il se peut, retarder les apprêts.
D'un délai précieux ménager l'avantage ,
Et vous donner le temps d'achever mon ouvrage.
Daigne conduire, ô ciel ! mes efforts et ses pas.
Tu donnas Marcius à Rome: ah ! ne fais pas
Un sinistre fléau d'un mortel tutélaire.
Et d'un si beau présent un don de ta colère !