‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 156 sur 216 · VOLUMNIUS, ALBIN · texte numérisé non relu

VOLUMNIUS, ALBIN

Jusqu'où nous a réduits un sort injurieux?

Vaincus et dédaignés! En est-ce assez, 6 dieux?

Nous trompiez-vous , hélas ! ô vous dont les oracles

Ont au peuple de Mars promis tant de miracles?

Dieux immortels, auteurs de nos prospérités,

.4vec Coriolan nous avez-vous quitté.s?

L'horreur est dans nos murs; il semble qu'un seul homme

Emporte le courage et les forces de Rome.

Troublé par les remords, ce peuple sans appui

S'accuse et croit le ciel irrité contre lui:

Le malheur qu'on mérite accable davantage.

Si, parmi tant de maux que ma douleur partage.

Je pouvois... Mais que dis-je !... oui, cet heureux dessein,

Un dieu lui-même, un dieu le fait naître en mon sein.

J'embrasse avec transport cette unique assistance.

Des malheureux Romains la dernière espérance..

Albin , volez à Rome, et portez au sénat

s36 CORIOLAN.

Un avis important qui peut sauver l'état,

Qu'en vos fidèles mains la mienne va remettre :

Hâtez l'heureux secours que j'ose m'en promettre.

Au conseil assemblé je vais parler de paix ,

De l'assaut, s'il se peut, retarder les apprêts.

D'un délai précieux ménager l'avantage ,

Et vous donner le temps d'achever mon ouvrage.

Daigne conduire, ô ciel ! mes efforts et ses pas.

Tu donnas Marcius à Rome: ah ! ne fais pas

Un sinistre fléau d'un mortel tutélaire.

Et d'un si beau présent un don de ta colère !

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