‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 167 sur 216 · ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII

n Ce transfuge aux Romains nous aura donc vendus! « Immolez le perfiilc, ou vous êtes perdus. » Sur lui , le fer en main , ils fondent avec rage. Le héros , dont le nombre accable le courage, Abandonne sa vie à leur lùche courroux, Et sous tant d'ennemis tombe percé de coups. Il invoquoit en vain les dieux vengeurs du crime. Les assassins , couverts du sang de leur victime , Ont fui, comme effrayés de leur propre fureur. Tous se sont dispersés; et mo,i, saisi d'horreur, J'embrassois mon ami, le baignois de mes larmes. Mais lui : « Dissipe, hélas! de trop justes alarmes; « Revole vers ma mère, a-t-il dit; tes secours « Peuvent seuls à mon cœur repoudre de ses jours. '< Heureux, si, retrouvant un reste de lumière, « Je puis la voir encore à mon heure dernière ! •> Tandis que mes Romains, par un trop vain effort. En arrêtant son sang, ont retardé sa mort. J'ai couru vers ces lieux, le désespoir dans l'ame. Mais, par pitié pour vous, épargnez- vous, madame. De votre fils mourant le douloureux aspect; Puisqu'on vous garde encore une ombre de respect, Venez, arrachez- vous de ce lieu si funeste. Hélas ! et profitez du moment qui vous reste.

VETU RIE

Eh! qu'importe ma vie en ces instants affreux?

Je veux revoir mon fils : oui , ce cœur malheureux,

Ce cœur désespéré demande encor sa vue.

S'il meurt, j'en suis la cause, et c'est moi qui le tue.

C'est moi... Guidez mes pas... Mais quel objet! ê cieux!

25o CORIOLAN.

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