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SCÈNE IV

- APPIUS, PLAUTIE.

PLAUTIE. '

Qu ai-je appris? (ju'ai-je vu? qu'ose-t-on attenter? Icilius aux fers! Ta cruauté jalouse Enchaîne un citoyen réclamant son épouse, Un Romain , un tribun justement révéré, Et dont le caractère en ces murs fut sacré! Ma fille, dans les bras de ses femmes tremblantes, En vain élève au ciel ses plaintes innocentes : Son époux à mes yeux traîné par les licteurs...

Je devois réprimer ses coupables hauteurs; Et menacé par lui d'une révolte ouverte...

PLAUTIE.

Ah! de tous tes desseins la trame est découverte;

Lui-même m'a tout dit, et tout est pénétré.

Tu pensois, sous l'abri d'un pouvoir abhorré,

Déshonorer ma fille et consommer ton crime ,

D'un détestable amour la rendre la victime :

Et mon cœur, soulevé de cet excès d'horreur,

A droit de t'accabler de toute sa fureur ;

Je veux, à tous les yeux montrant ton ame impure,

Effrayer uu tyran des cris de la nature.

A p PI us.

Appius contre vous dédaigne de sévir, Madame; mais songez...

Prends garde, décemvir; Tu n'as pas bien connu le pas où tu t'engages. Attaquer dans nos bras de si précieux gages. Ces droits si chers du sang et de l'humanité, Tyran , c'est nous ravir plus que la liberté. Kome a pu trop long-temps voir la sienne asservie, Voir sous un joug affreux nos biens et notre vie. Mais qu au moins sous tes lois, qui nous ont tout ôté, L'innocence, l'honneur puisse être en sûreté; Ou ce peuple guerrier qu'enferme ces murailles, Quiconque a des enfants, un cœur et des entrailles. Devient ton ennemi dans des périls si grands , Et la nature encor peut plus que les tyrans.

APPIUS

Eh bien! puisque ce point ma puissance offensée...

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