ACTE IV, SCÈNE V
Cieux! éloignez les maux qui me sont annoncés.
WARWICK
Qui? toi, m'abandonner! où vas-tu? Non, demeure. Demeure, Elisabeth... Ah! s'il faut que je meure, Mes yeux du moins...
l'officier.
Madame, Edouard vous attend.
ELISABETH
Hélas ! pour nous sauver tu n'avois qu'un instant. Cet instant précieux tu l'as rendu funeste... Adieu.
WARWICK
Vous l'entraînez!
SCÈ^E YI.
WARWICK
O toi, toi que j'atteste , Toi qui, m'enlevant tout, me refuses la mort, Peux-tu permettre, ô Dieu! que sous les coups du sort Le grand cœur de Warwick s'affoiblisse et succombe? Avant de m'avilir, ciel, ouvre-moi la tombe.
( // s'assied. ) J'ai peine à résister à mon état affreux. De moments en moments ce flambeau ténébreux, Qui luit si tristement dans l'épaisseur des ombres. Verse un jour plus funèbre, et des lueurs plus sombres Malgré moi je frémis : tout porte dans mon cœur Un chagrin plus profond, une morne douleur...
6o LE COMTE DE WARWICK.
Hélas! enseveli dans cette nuit cruelle, Tout ce que je ressens est horrible comme elle. Mais quel bruit effrayant fait retentir ces lieux? Je crois entendre au loin des cris tumultueux. On approche... Le sort remplit mon espérance; On m'apporte la mort.