‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 91 sur 216 · MÊLA M E · texte numérisé non relu

MÊLA M E

Un Dreuvage mortel m'arrache à l'esclavage. Du jour où je t'ai vu , je jurai d'être à toi :

i3(; MÉLÀNIE. Éb

L'amour à tous les deux dicta la même loi.

Ma mère y souscrivoit, si le ciel en colère

Ne m'eût fait rencontrer un tyran dans un père.

Il versa dans mon sein le poison des douleurs,

Plus cruel mille fois que celui dont je meurs.

Cet homme injuste et dur accabla Mélanie

Du pouvoir qu'il reçut pour protéger ma vie.

Il vit mon désespoir avec tranquillité:

La nature en son cœur n'a jamais habité...

La mort est dans le mien... quels tourments le déchirent!

{aux sœurs. ) O vous que mes malheurs à ce spectacle attirent, Et vous qui ressentiez les feux dont j'ai brûlé, Qui dormez sous ce marbre où mes pleurs ont coulé , Levez-vous, à ma voix, victimes malheureuses!... ( Elle se lève avec effort , soutenue sur sa mère et sur deux

religieuses. Monval reste appuyé sur le fauteuil, la tête

dans ses mains. ) Levez-vous, entendez mes plaintes douloureuses. Accablez avec moi l'oppresseur abhorré Dont je n'ai pu fléchir le cœur dénaturé. Dieu! que le dernier cri de sa fille expirante Retentisse à jamais dans son ame tremblante! Et, s'il t'ose implorer au jour de son trépas, Rejette sa prière, et ne pardonne pas !

LE CURÉ

O ma fille ! abjurez ces sentiments coupables. MÉLANIE, se laissant tomber sur les genoux, les bras

tendus vers le ciel.

Dieu! Dieu! n'entendez pas ces souhaits exécrablesv

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