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ACTE III — SCÈNE II

AGÉLAS.

Je suis en cet état pour ma commodité.

THALER

Ah ! vous pouvez vous mettre à votre liberté,

Et je ne sommes pas dignes de contredire.

Ici, i'ons plus d'honneur que je ne saurais dire :

Je sons nourris, vêtus mieux qu'à nous n'appartient ;

Mais on nou5 fait un tour qui, tout franc, ne vaut rien.

C'est pis qu'un bois ; vos gens n'ont point de conscience.

J'ai, dans mon autre habit, laissé, par oubliance...

Avec tout mon esprit, morgue, je suis un sot.

AGÉLAS.

Quoi donc ?

TH.\LER

Ils m'avont fait bian payer mon écot.

Qui?

THALER

Vos valets de chambre. Ah ! la maudite engeance ! En me déshabillant, en toute diligence.

L'un un pied, l'autre un bras (ils ont eu bientôt fait), Ils m'ont pris im bijou, morgue, dans mon gousset : Il est de votre honneur de les faire tous pendre.

AGÉLAS.

Ne vous alarmez point, je vous le ferai rendre ; Je veux que l'on le trouve, et je vous en réponds.

THALER

Tous les honnêtes gens d'ici sont des fripons : Je sais pourtant fort bien que ce n'est pas vous, sire ; Je vous crois homiête homme et je sais bien qu'en dire : Mais tout chacun ici ne vous ressemble pas.

i88 DÉMOCRITE

AGÉLAS, à Agénor.

Que l'on aille avec lui le chercher de ce pas, Et qu'ici les plaisirs, les jeux, la bonne chère, Suivent ces étrangers qu'Agélas considère.

THALER

Ah ! vous êtes, seigneur, par trop considérant.

Mais, parlant par respect, l'honneur que l'on me rend

Me confond ; car, tout franc, sans tant de préambule..

A Criséis.

Palsangué ! te voilà comme une ridicule ! Que ne réponds-tu, toi ? Je m'embrouille toujours, Lorsque d'un compliment j'entreprends le discours.

AGÉLAS, à Thaler.

Allez, et n'ayez point de chagrin davantage.

THALER

Que je suis malheureux ! J'ai fait un beau voyage !

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