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ACTE III — SCÈNE III

Et j'aurais mauvais goût, si, sortant des forêts, Je ne me plaisais pas en des lieux pleins d'attraits, Où chacun du plaisir fait son unique affaire ; Où les dames surtout ne s'occupent qu'à plaire. Font briller leur esprit, ont un air si charmant, Et font de leur beauté tout leur amusement.

AGÉLAS.

Parmi les courtisans dont la foule épandue Brille dans cette cour et s'offre à votre vue, Ne s'en trouve-t-il point quelqu'un assez heureux Pour pouvoir s'attirer un regard de vos yeux ? Pourriez- vous les voir tous avec indifférence ? .

On dit qu'il ne faut point qu'avec trop de licence

Une fille s'arrête à voir de tels objets,

Et dise de son cœur les sentiments secrets.

Il en est un pourtant, si j'ose ici le dire.

Qui, d'un charme flatteur que sa présence inspire.

Se distingue aisément, et qui de toutes parts

S'attire, sans effort, les coeurs et les regards.

AGÉLAS.

Vous prenez du plaisir en le voyant paraître ?

CRISÉIS.

Oh ! beaucoup. A son air on voit qu'il est le maître. Les autres, devant lui timides et défaits, Ne paraissent plus rien et deviennent si laids. Qu'on ne regarde plus tout ce qui i'envirorme.

AGÉLAS.

Aimeriez- vous un peu cette heureuse personne ?

CRISÉIS.

Je ne sais point, seigneur, ce que c'est que d'aimer.

190 DÉMOCRITE

AGÉLAS.

x^ucun objet encor n'a pu vous enflammer ?

CRISÉIS.

Non : Ton est dans les bois d'une froideur extrême.

Si cet heureux mortel vous disait qu'il vous aime ?.

CRISÉIS. .

Qu'il m'aime, moi, seigneur ! je me garderais bien, S'U me parlait ainsi, d'en croire jamais rien : On parie dans ces lieux autrement qu'on ne pense ; Les plus sincères cœurs... Mais Démocrite avance.

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