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SCÈNE IV

AGÉLAS, DÉMOCRITE, CRISÉIS, STRABON, CLÉANTHIS, THALER.

DÉMOCRITE, à Agélas.

Seigneur, il ne faut pas m' arrêter davantage :

Je joue en votre cour un fort sot personnage ;

Et quand vous me forcez à rester dans ces lieux.

Je sais que ce n'est point du tout pour mes beaux yeux.

AGÉLAS.

\'otre rare mérite en est l'unique cause.

Mon mérite ? Ah ! vraiment, c'est bien prendre la chose.

Si vous le connaissiez en effet tel qu'il est.

Vous verriez qu'il n'est pas tout ce qu'il vous paraît.

AGÉLAS.

Ici votre présence est encor nécessaire. Je veux que vous vo;yaez terminer une affaire ; Après quoi vous pourrez, libres dans vos desseins, Vous, Thaler et Strabon, chercher d'autres destins.

DÉMOCRITE

Quelle affaire ?

AGÉLAS.

Je veux qu'un heureux mariage Par des nœuds étemels à Criséis m'engage.

THALER

A ma fille ?

A part.

Morgue ! ces courtisans de cour Ont tous, comme cela, des vartigos d'amour.

228 DÉMOCRITE

CRISÉIS.

Il ne faut point, seigneur, surprendre ma faiblesse Par le flatteur aveu d'une feinte tendresse. Je connais votre rang ; de plus, je me connois ; Vous respecter, seigneur, est tout ce que je dois.

Les dieux et les destins, en vain par la naissance, Ont mis entre nous deux une vaste distance ; J'en appelle à l'amour ; il est beaucoup plus fort Que le sang, que les lois, que les dieux et le sort. Je veux sur votre front mettre le diadème.

THALER, à Criséis.

Ne va pas t'y fier ; ce n'est qu'un stratagème.

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