SCÈNE IX ISABELLE, LE CHEVALIER, VALENTIN
LE CHEVALIER
Mais je la vois paraître. Où tournez- vous vos pas. Madame ? où fuyez- vous ?
ISABELLE, traversant le théâtre.
Où vous ne serez pas.
VALENTIN
Voilà le quiproquo.
ISABELLE
Je vais chez Araminte, Lui dire que pour vous ma tendresse est éteinte. Aimez-la, j'y consens ; je fais vœu désormais De vous fuir comme un monstre, et ne vous voir jamais.
LE CHEVALIER
Madame... '
ISABELLE
Pour le prix de l'ardeur la plus vive, Je ne reçois de vous qu'injure et qu'invective ; Je vous parais sans foi, sans esprit, sans appas.
LE CHEVALIER
Madame, écoutez-moi.
ISABELLE
Non ; je ne comprends pas.
Si brutal que l'on soit, qu'on puisse avoir l'audace De dire, de sang-froid, ces duretés en face.
LE CHEVALIER
Vous saurez qu'en ces lieux...
ISABELLE
Je ne veux rien savoir.
LE CHEVALIER
C'est bien fait.
VALENTIN, à IsabeUe.
Écoutez, sans tant vous émouvoir.
ISABELLE, à Valentin.
Veux-tu que je m'expose encore à ses sottises ?