‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 265 sur 345 · ACTE V — SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V — SCÈNE IV

MÉXECHME, à Robertin.

\'ous VOUS moquez, monsieur.

ROBERTIN

Et dans lui l'on renomme La franchise du cœur qu'il a par préciput.

MÉXECHME, à Robertin.

Je voudrais pouvoir être avec vous but à but. C'est vous qui des vertus êtes le protocole ; Et, pour vous bien louer, je n'ai point de parole.

ROBERTIN

Puisque, comme je crois, vous êtes tous d'accord, Il nous faut procéder.

ARAMINTE

Rien ne presse si fort. A ce bel hymen, moi, s'il vous plaît, je m'oppose ; Et j'en ai dans les mains une très juste cause.

DÉMOPHON

Vous direz vos raisons et vos griefs demain. Ma sœur. Ne laissons pas d'aller notre chemin.

ROBERTIN

Voici donc le contrat...

Mais, monsieur le notaire.

Avant tout, finissons une certaine affaire. Oui, plus que celle-là, me tient sans doute au cœur.

ROBERTIN

Tout ce qui vous convient est toujours le meilleur. Je n'aurais pas usé de tant de diligence. Si vous n'étiez venu chez moi me faire instance De vouloir achever le contrat au plus tôt.

MÉNECHME. i

Vous m'avez vu chez vous ?

ROBERTIN

Oui, monsieur.

Quand ?

ROBERTIN

Tantôt...

Qui? moi? moi ?...

ROBERTIN

Vous ; oui, vous. Au logis où j'habite, Vous m'avez fait l'honneur de me rendre visite : Mais je l'ai bien payé. Soixante mille écus N'ont pas rendu vos pas ni vos soins superflus.

Entendons-nous un peu. Que voulez- vous donc dire ?

ROBERTIN

Vous vous divertissez, vous avez de quoi rire.

Je ne ris nullement, et me fâche à la fin.

Ne vous nommez-vous pas, s'il vous plaît, Robertin ?

ROBERTIN

Oui, l'on me nomme ainsi.

N'êtes-vous pas notaire ?

ROBERTIN

Et, de plus, honnête homme.

Oh ! c'est une autre affaire.

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