ACTE II — SCÈNE X 6i
NÉRINE
Il tremble en approchant.
LA COMTESSE
J'aime un amant timide.
Cela marque un bon fonds.
A Valère.
Approchez, approchez ; Ouvrez de votre cœur les sentiments cachés.
A Angélique.
Vous allez voir, ma sœur.
VALÈRE, à la comtesse.
Ail ! c^uel bonheur, madame, Que vous me permettiez d'ouvrir toute mon âme ;
A Angélique.
Et quel plaisir de dire, en des transports si doux, Que mon cœur vous adore et n'adore que vous !
LA COMTESSE
L'amour le trouble. Eh quoi ! que faites-vous, Valère ?
VALÈRE
Ce que vous-même ici m'avez permis de faire.
NÉRINE, à part.
Voici du quiproquo.
VALÈRE, à Angélique.
Que je serais heureux S'il vous plaisait encor de recevoir mes vœux I
LA COMTESSE, à Valère.
Vous VOUS méprenez.
VALÈRE, à la comtesse.
Non. Enfin, belle Angélique, Entre mon oncle et moi que votre cœur s'explique ; Le mien est tout à vous, et jamais dans un cœur...
LA COMTESSE
Angélique !
VALÈRE
On ne vit une plus noble ardeur.
Ce n'est donc pas pour moi que votre cœur soupire ?
VALÈRE
Madame, en ce moment je n'ai rien à vous dire.
Regardez votre sœur ; et jugez si ses yeux
Ont laissé dans mon cœur de place à d'autres feux.
LA COMTESSE
Quoi ! d'aucun feu pour moi votre âme n'est éprise ?
VALÈRE
Quelques civilités que l'usage autorise...
LA COMTESSE
Comment ?
ANGÉLIQUE
Il ne faut pas avec sévérité Exiger des amants trop de sincérité.
Ma sœur, tout doucement avalez la pilule.
LA COMTESSE
Taisez-vous, s'il vous plaît, petite ridicule.
VALÈRE, à la comtesse.
Vous avez cent vertus, de l'esprit, de l'éclat ; Vous êtes belle, riche, et...
LA COMTESSE
Vous êtes un fat.
ANGÉLIQUE
La modération, qui fut votre partage.
Vous ne la mettez pas, ma sœur, trop en usage.
LA COMTESSE
Monsieur vaut -il le soin qu'on se mette en courroux ? C'est un extravagant ; il est tout fait pour vous.
Elle sort
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