‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 300 sur 345 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CRISPIN, en gentilhomme campagnard ; GÉRONTE,

LISETTE

CRISPIN, dehors, heurtant.

Holà, quelqu'un, holà !

Tout est-il mort ici, laquais, valet, servante ? J'ai beau heurter, crier ; aucun ne se présente. Le diable puisse-t-il emporter la maison !

LISETTE

Eh ! qui diantre chez nous heurte de la façon ?

Elle ouvre.

Que voulez- vous, monsieur ? quel démon vous agite ? Vient-on chez un malade ainsi rendre visite ?

A part.

Dieu me pardonne ! c'est Crispin ; c'est lui, ma foi !

CRISPIN, bas à Lisette.

Tu ne te trompes pas, ma chère enfant ; c'est moi.

Haut.

Bonjour, bonjour, la fille. On m'a dit par la ville Qu'un Géronte en ce lieu tenait son domicile : Pourrait-on lui parler ?

LISETTE

Pourquoi non ? le voilà.

CRISPIN, lui secouant le bras.

Parbleu, j'en suis bien aise. Ah ! monsieur, touchez là. Je suis votre valet, ou le diable m'emporte. Touchez là derechef. Le plaisir me transporte Au point que je ne puis assez vous le montrer.

GÉRONTE

Cet homme assurément prétend me démembrer.

CRISPIN

Vous paraissez surpris autant qu'on le peut être. Je vois que vous avez peine à me reconnaître ; Mes traits vous sont nouveaux : savez-vous bien pourquoi ? C'est que vous ne m'avez jamais vu.

GÉRONTE

Je le croi.

CRISPIN

Mais feu monsieur mon père, Alexandre Choupille, Gentilhomme normand, prit pour femme une fille Qui fut, à ce qu'on dit, votre sœur autrefois. Et qui me mit au jour au bout de quatre mois.

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