ACTE III — SCÈNE IX
CRISPIN
L'ardeur de vous servir m'a donné cet habit ; Et, comme vous voyez, mon projet réussit. Avec de certains mots j'ai conjuré l'orage : Ici de deux parents j'ai fait le personnage ; Et j'ai dit, en leur nom, de telles duretés, Qu'ils seront, par ma foi, tous deux déshérités.
ÉRASTE
Quoi!
Si vous m'aviez vu tantôt faire merveille, En noble campagnard, le plumet sur l'oreille. Avec un feutre gris, longue brette au côté. Mon air de bas-Normand vous aurait enchanté. Mais, il faut dire vrai, cette coiffe m'inspire Plus d'intrépidité que je ne puis vous dire : Avec cet attirail, j'ai vingt fois moins de peur ; L'adresse et l'artifice ont passé dans mon cœur. Qu'on a, sous cet habit, et d'esprit et de ruse !
ÉRASTE
Enfin de ses neveux l'oncle se désabuse ;
Il fait un testament qui doit combler mes vœux. .
Est-il dans l'univers un mortel plus heureux ?