SCÈNE PREMIÈRE ÉRASTE, CRISPIN
ÉRASTE, tenant le portefeuille de Géronte.
Ah ! mon pauvre Crispin, je perds toute espérance. Mon oncle ne saurait reprendre connaissance : L'art et les médecins sont ici superflus ; Le pauvre homme n'a pas à vivre une heure au plus. Le legs universel qu'il prétendait me faire, Comme tu vois, Crispin, ne m'enrichira guère.
CRISPIN
Lisette et moi, monsieur, pour finir nos projets, Nous comptions bien aussi sur quelque petit legs.
ÉRASTE
Quoiqu'un cruel destin, à nos désirs contraire, Epuise contre nous les traits de sa colère, Nos soins ne seront pas infructueux et vains ; Quarante mille écus que je tiens dans mes mains. Triste et fatal débris d'un malheureux naufrage. Seront mis, si je veux, à l'abri de l'orage. Voilà tous bons billets que j'ai trouvés sur lui.
CRISPIN, voulant prendre les billets.
Souffrez que je partage avec vous votre ennui. Ce petit lénitif, en attendant le reste, Pourra nous consoler d'un coup aussi funeste.