ACTE IV — SCÈNE II
Hélas !
ÉRASTE
Juste ciel !
CRISPIN
Ha!
ÉRASTE
Que ferons-nous, dis-moi ?
CRISPIX.
Tout ce qu'il vous plaira.
ÉRASTE
Quoi ! les renverrons-nous ?
CRISPIN
Eh ! qu'en voulez- vous faire ?
Qu'en pouvons-nous tirer qui nous soit salutaire ?
LISETTE
Je vais donc leur marquer qu'ils n'ont qu'à s'en aller.
ÉRASTE, arrêtant Lisette.
Attends encore un peu. Je me sens accabler. Crispin, tu vas me voir expirer à ta vue.
CRISPIN
Je vous suivrai de près, et la douleur me tue.
LISETTE
Moi ! je n'irai pas loin. Faut -il nous voir, tous trois, Comme d'un coup de foudre, écraser à la fois ?
Attendez... Il me vient... Le dessein est bizarre ; Il pourrait par hasard... J'entrevois... Je m'égare, Et je ne vois plus rien que par confusion.
476 LE LEGATAIRE UNIVERSEL
LISETTE
Peste soit l'animal avec sa vision !
ÉRASTE
Fais-nous part du dessein que ton cœur se propose.
LISETTE
Allons, mon cher Crispin, tâche à voir quelque chose.
CRISPIN
Laisse-moi donc rêver... Oui-da... Non... Si pourtant... Pourquoi non ?... On pourrait...
LISETTE
Ne rêve donc point tant ; Les notaires là-bas sont dans l'impatience : Tout ici ne dépend que de la dUigence.
CRISPIN
Il est vrai ; mais enfin j'accouche d'un dessein Qui passera l'effort de tout esprit humain. Toi, qui parais dans tout si légère et si vive, Exerce à ce sujet ton Imaginative ; Voyons ton bel esprit.
LISETTE
Je t'en laisse l'emploi.
Qui peut en fourberie être si fort que toi ? L'amour doit ranimer ton adresse passée.
CRISPIN
Paix... Silence... Il me vient un surcroît de pensée. J'y suis, ventrebleu !
LISETTE
Bon.
CRISPIN
Dans un fauteuil assis...
LISETTE
Fort bien...