‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 318 sur 345 · ACTE IV — SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV — SCÈNE II

Hélas !

ÉRASTE

Juste ciel !

CRISPIN

Ha!

ÉRASTE

Que ferons-nous, dis-moi ?

CRISPIX.

Tout ce qu'il vous plaira.

ÉRASTE

Quoi ! les renverrons-nous ?

CRISPIN

Eh ! qu'en voulez- vous faire ?

Qu'en pouvons-nous tirer qui nous soit salutaire ?

LISETTE

Je vais donc leur marquer qu'ils n'ont qu'à s'en aller.

ÉRASTE, arrêtant Lisette.

Attends encore un peu. Je me sens accabler. Crispin, tu vas me voir expirer à ta vue.

CRISPIN

Je vous suivrai de près, et la douleur me tue.

LISETTE

Moi ! je n'irai pas loin. Faut -il nous voir, tous trois, Comme d'un coup de foudre, écraser à la fois ?

Attendez... Il me vient... Le dessein est bizarre ; Il pourrait par hasard... J'entrevois... Je m'égare, Et je ne vois plus rien que par confusion.

476 LE LEGATAIRE UNIVERSEL

LISETTE

Peste soit l'animal avec sa vision !

ÉRASTE

Fais-nous part du dessein que ton cœur se propose.

LISETTE

Allons, mon cher Crispin, tâche à voir quelque chose.

CRISPIN

Laisse-moi donc rêver... Oui-da... Non... Si pourtant... Pourquoi non ?... On pourrait...

LISETTE

Ne rêve donc point tant ; Les notaires là-bas sont dans l'impatience : Tout ici ne dépend que de la dUigence.

CRISPIN

Il est vrai ; mais enfin j'accouche d'un dessein Qui passera l'effort de tout esprit humain. Toi, qui parais dans tout si légère et si vive, Exerce à ce sujet ton Imaginative ; Voyons ton bel esprit.

LISETTE

Je t'en laisse l'emploi.

Qui peut en fourberie être si fort que toi ? L'amour doit ranimer ton adresse passée.

CRISPIN

Paix... Silence... Il me vient un surcroît de pensée. J'y suis, ventrebleu !

LISETTE

Bon.

CRISPIN

Dans un fauteuil assis...

LISETTE

Fort bien...

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