‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 53 sur 345 · ACTE IV — SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV — SCÈNE VII

Et si je n'avais pas une vertu sévère. Qui me fait renfermer dans un veuvage austère. Je pourrais bien... Mais non, je ne puis vous ouïr : Si vous continuez, je vais m'évanouir.

DORANTE

Madame...

LA COMTESSE

Vos discours, votre air soumis et tendre, Ne feront que m'aigrir, au lieu de me surprendre. Bannissons la tendresse ; il faut la supprimer. Je ne puis, en un mot, me résoudre d'aimer.

DORANTE

Madame, en vérité, je n'en ai nuUe envie.

Et veux bien avec vous n'en parler de ma vie.

LA COMTESSE

Voilà, je vous l'avoue, im fort sot compliment.

Me trouvez-vous, monsieur, femme à manquer d'amant ?

J'ai mille adorateurs qui briguent ma conquête ;

Et leur encens trop fort me fait mal à la tête.

Ah ! vous le prenez là sur un fort joli ton.

En vérité !

DORANTE

Madame...

LA COMTESSE

Et je vous trouve bon !

Le respect...

DORANTE

LA COMTESSE

Le respect est là mal en sa place ; Et l'on ne me dit point pareille chose en face. Si tous mes soupirants pouvaient me négliger. Je ne vous prendrais pas pour m'en dédommager. Du respect ! du respect ! Ah ! le plaisant visage !

DORANTE

J'ai cru que vous pouviez l'inspirer à votre âge. Mais monsieur le marquis, qui paraît en ces lieux. Ne sera pas peut-être aussi respectueux.

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