ACTE V — SCÈNE I
NÉRINE
Quand j'en devrais mourir, je ne puis plus me taire. Je vous empêcherai de terminer l'affaire : Ou si dans cet amour votre cœur engagé Persiste en ses desseins, donnez-moi mon congé. Je suis fille d'honneur ; je ne veux point qu'on dise Que vous ayez sous moi fait pareille sottise. Valère est un indigne ; et, malgré son serment. Vous voyez tous les jours qu'il joue impunément.
ANGÉLIQUE
En faveur de mon faible il faut lui faire grâce : De la fureur du jeu veux-tu qu'il se défasse, Hélas ! quand je ne puis me défaire aujourd'hui Du lâche attachement que mon cœur a pour lui ?
DORANTE
Ces feux sont trop charmants pour vouloir les éteindre. Je ne suis point, madame, ici pour vous contraindre. Mon neveu vous épouse ; et je viens seulement Donner à votre hymen un plein consentement.