ACTE V — SCÈNE IV
Apercevant madame la Ressource.
Ah ! VOUS voilà, madame !
A la comtesse.
Et que faites- vous donc ici de cette femme ?
NÉRINE, au marquis.
Vous la comiaissez ?
LE MARQUIS
Moi ? je ne sais ce que c'est.
MADAME L.\ RESSOURCE, au marquis.
Ah ! je vous comiais trop, moi, pour mon intérêt. Quand vous résoudrez- vous, monsieur le gentilhomme Fait du temps du déluge, à me payer ma somme, Mes quatre cents écus prêtés depuis cinq ans ?
LE MARQUIS
Pour me les demander vous prenez bien le temps !
MADAME LA RESSOURCE
Je veux, aux yeux de tous, vous en faire avants, A toute heure, en tous lieux.
LE MARQUIS
Eh ! vous rêvez, ma mie.
MADAME LA RESSOURCE
Voici le grand merci d'obliger des ingrats. Après l'avoir tiré d'un aussi vilain pas... Baste...
LA COMTESSE, à madame la Ressource.
Parlez, parlez.
MADAME LA RESSOURCE
Non, non ; il est trop rude D'aller de ses parents montrer la turpitude.
LA COMTESSE
Comment donc ?
LE MARQUIS, à part.
Ah ! je grille.
MADAME LA RESSOURCE
Au Châtelet, sans moi, On le verrait encor vivre aux dépens du roi.
NÉRINE
Quoi ! monsieur le marquis...
MADAME LA RESSOURCE
Lui, marquis ! c'est -l'Épine.
Je suis marquise donc, moi qui suis sa cousine ? Son père était huissier à verge dans le Mans.
LE MARQUIS
Vous en avez menti.
A part.
Maugrebleu des parents I
MADAME LA RESSOURCE
Mon oncle n'était pas huissier ? Qu'il t'en souvienne.
LE MARQUIS
Son nom était connu dans le haut et bas Maine.
NÉRINE
Votre père était donc un marquis exploitant ?
ANGÉLIQUE
Vous aviez là, ma sœur, un fort illustre amant.
MADAME LA RESSOURCE
C'est moi qui l'ai nourri quatre mois sans reproche. Quand il vint à Paris en guêtres par le coche.