HECTOR, NÉRINE
MADAME LA RESSOURCE, au fond du théâtre.
VALÈRE
Quel bonheur est le mien ! Enfin voici le jour, Madame, où je dois voir triompher mon amour. Mon cœur tout. pénétré... Mais, ciel ! quelle tristesse, Nérine, a pu saisir ta charmante maîtresse ? Est-ce ainsi que tantôt...
NÉRINE
Bon ! ne savez- vous pas ?
Les filles sont, monsieur, tantôt haut, tantôt bas.
Hé quoi ! changer si tôt !
ANGÉLIQUE
Ne craignez point, Valère, Les funestes retours de mon humeur légère : Le portrait dont ma main vous a fait possesseur \''ous est un sûr garant que vous avez mon cœur.
VALÈRE
Que ce tendre discours me calme et me rassure !
NÉRINE, à part.
Tu ne seras heureux, par ma foi, qu'en peinture.
ANGÉLIQUE
Quiconque a mon portrait, sans crainte de rival. Doit avec la copie avoir l'original.
VALÈRE
Madame, en ce moment que mon âme est contente !
ANGÉLIQUE
Ne consentez- vous pas à ce parti. Dorante ?
DORANTE
Je veux ce qu'il vous plaît : vos ordres sont pour moi Les décrets respectés d'une suprême loi. Votre bouche, madame, a prononcé sans feindre ; Et mon cœur subira votre arrêt sans se plaindre.
HECTOR, bas à Valère.
De l'arrêt tout du long il va payer les frais.
Valère, vous voyez pour vous ce que je fais.
VALÈRE
Jamais tant de bontés...
ANGÉLIQUE
Montrez donc, sans attendre.
Le portrait que de moi vous avez voulu prendre ; Et que votre rival sache à quoi s'en tenir.
VALÈRE, fouillant dans sa poche.
Soit... Mais. permettez-moi de vous désobéir. C'est mon oncle : en voyant de votre amour ce gage. Il jouerait, à vos yeux, un mauvais personnage. Vous savez bien qui l'a.