ACTE I, .SCÈNE VI
Et tu sais qu'à la cour, de vains noms revêtu, Le soin de sa forhme est la seule vertu. Des favoris d'Azor essuyant les caprices, L'exil, sans mon crédit, eût payé tes services; Dès tes plus jeunes ans tu n'eus d'appui que moi : Tu n'es rien, si je sers, et tout, si je suis roi. Voilà sur quels garants je vais t'ouvrir mon ame. Rliamnès, dès le berceau, l'anibilion m'enflamme: Sorti du sang des rbis, mais du trône éloigné, J'en dcvorois l'espace en mon cœur indigné. La force ne pouvoit m'en briser les barrières ; La souple politique écarta les premières. C'est moi qui, par degrés, les rendant ennemis, Fis périr en ces lieux le père par le fils; Et ce farouche Azor, que j'ai chargé de crimes, C'est moi (jui l'ai rejoint à ses tristes victimes.
r.H AM^ÈS.
Vous?
AKTÉ.NOR.
Tu sais qu'assuré des cœurs de ses soldats. Sa garde, au milieu d'eux, ne suivoit point ses pas : Il veilloit sur son camp et jamais sur sa tente. C'est là que, cette naît, ma haine impatiente Dans son coupable sang se baignoit à loisir. Quand j'entendis vers nous des guerriers accourir. A peine je saisis l'instant de disparoître... Azor, en expirant, m'aura nommé peut-être. Cet im])ortun effroi trouble seul mes projets... Mais, pour les raffermir, les moyens sont tout prêts. Déjà, par le refus de la toute-puissance,
Ceux qui m'accuseroient sont démentis d'avance; r^t ce roi , fil^ d'ilus, entre mes mains livré , Devient, dans un revers, mon otage assuré. Tu me crois trop prudent pour lui laisser atteindre L'âge de se connoîtie et le temps d'être à craindre : Ressource passagère aux périls que je cours, Leur terme fixera le terme de ses jours.
RHAMNÈS.
Sans doute, à son époux vous renvoyez Zelmire? Sur un trône étranger...
A N T É X o R , l'interrompant.
l'ergame est son empire.
Son père par ses soins s'est vu sacrifier: D'un cœur qui me ressemble il faut me défier ; Je saurai quel dessein peut l'avoir animée... Rhamnès, dès ce moment, sois le chef de l'armée: Ma faveur te préfère aux plus nobles rivaux ; Prévois par cet essai le prix de tes travaux. Du peuple et des soldats 1 impatience avide D'Azor, avec fureur, recherche l'homicide ; Feignons le même zèle à venger son trépas. Phorbas aimoit le père : ose accuser Phorbas; J'oserai le juger, et sa foibJe innocence Sous nos puissantes mains tombera sans défense. Mais que ton art secret remonte, par degrés, A ceux qui dans la tente après moi sont entrés. Moi-même en les cherchant je ne dois point paroître Des yeux qu'ils craindront moins pourront mieux les cm Je m'en remets à toi... Tu peux tout en ce jour, Si des peuples séduits je conserve l'amour.