‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 156 sur 325 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ALTÉMORi:, GASTON, EUPIIÉMIE , AVOGARE.

ALTÉMOU E, À Gaston, en lui présentant un billet. Prince, Bayard pour vous m'a rerais ce billet.

GASTON, prenant le billet, et le lisant haut. • Lorsque l'on fit outrage, et qu'il faut qu'on répare, •' On doit, sans différer, satisfaire un grand cœur. '< Prince, je puis mourir dans l'assaut qu'on prépare, .' Et ne veux point mourir comptable envers l'honneur.

« Que mou chef lui-même choisisse " Les armes, les témoins et les juges du camp; « Qu'il hâte un beau moment de gloire et de justice : " Je me crois son ami, même en le provoquant. »

AVOGARE.

Reconnoît-on Bayard à ce nouvel outrage?

GASTON

Je reconnois l'amour, la seule erreur du sage.

( à Altémore. ) Qu'il s'apprête à l'instant, et que pour ce combat...

E u P H É M I E , l'interrompant impétueusement. Non , je cours m'opposer à ce double attentat.

( regardant son père. ) [.e plus pressant péril doit entraîner mon ame : J'éclairerai Bayard sur les droits qu'il réclame; Il verra qu'en voulant tyranniser mon choix Des dignes chevaliers il foule aux pieds les lois. Que, s'il se perd lui-même, il trahit sa patrie;

ai4 GASTON ET BAYARD.

Que , s'il tranche vos jours , il m'arrache la vie.

Dans le fond de son cœur je prendrai pour appui

L'orgueil que met un sage à triompher de lui.

J'oser; i ms servir de ce pouvoir suprême

Que l'objet qu'on adore a contre l'amour même.

Et si tant de devoirs sont bravés sans égard ,

Le vainqueur de Nemours, ou celui de Bayard,

N'emportera pour prix de sa gloire cruelle

Que la publique horreur et ma haine éternelle.

{Elle sort.)

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