ACTE IV, SCÈNE V. sSy
(à port, avec plus de force. ) Cher Xemours! ah! je veux, avant que de mourir, Kl] tendre le récit de ta fjloire inouïe. Et jouir du beau jour ([ue te doit ma patrie.
(à cCAlègre.) Conte-moi ses exploits : son sang n'a point coulé?
d'à lègue.
La foudre autour de lui vainement a volé. Maître de soi, de tout, dans cet assaut terrible, Le Français , sous sa main , semble un coursier flexible. Qu'il sait, sans nul effort, presser ou retenir, P.t dont la fière ardeur s'étonne d'obéir. Tout-à-coup, votre mort, à grand bruit annoncée, Fit reculer d'un pas une troupe avancée ; Mais l'aspect de Nemours, dans le fond de leur cœur. Fait de ce pas honteux l'aiguillon de 1 honneur: « Français, vengeons Bayard , s'il est vrai qu'il succombe ! « Pourriez- vous, en fuyant, déshonorer sa tombe? » Ces mots, et la rougeur de son front indigné , Quelques pleurs dont son œil étoit même baigné, Ont décidé soudain du sort de l'Italie. Dans Bresse vainement le Romain se rallie. En vain le citoyen , sous ses toits renfermé, Verse sur les vainqueurs le bitume enflammé; J'ai vu, ce que jamais on ne pourra comprendre, Trente mille guerriers ardents à se défendre, Aidés de la nature et des travaux de l'art, ^ Par dix mille Français forcés dans un rempart; Et notre armée en ordre au fort de la tempête.
Comme un camp dessiné pour les jeux d'une fête.
BATARD, avec tranquillité , montrant la lance qu'il a
dans le corps.
On peut m'ôter ce fer, dût-il trancher mes jours; Je vois la France heureuse , et lui laisse Nemours. {Les soldats français emportent Bayard. D'Alègre et Urbin le suivent, avec les gardes. )