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ACTE I, SCÈNE IV

J'y viens moins en jjuerrier qu'en pacificateur, Mais fidèle aux traités, et prêt à vous défendre. Vous êtes malheureux, vous auriez dû m'attendre.

D, pÉdre, lui prcnaiit la main.

Digne héros!... Bourbon détourne encor les yeux!

( « In princesse qui est un peu détournée. ) Je viens vous arracher de ces funestes lieux : Oubliez des fureurs que le remords efface ;

( montrant Edouard. ) La vertu me protège, et doit m' obtenir grâce.

( d'un ton dlntmcur.) De votre époux du moins contemplez les regrets. ( Elle le regarde, il paroit frappé. Il l'examine avec attention et plaisir. ) Je sens mon cœur saisi , percé de mille traits! Padille à tant d'appas me sembloit préférable! Rarement l'œil voit bien , quand le cœur est coupable.

EDOUARD

J'aime ce'repentir; mais j'en crains les effets.

D. pÈdre.

Pourquoi, seigneur? Je veux e.xpier mes forfaits.

(à Blanche. ) Us sont sans nombre.

BLANCHE

Hélas !

D. PÉDRE.

Comptez-les par^vos larmes, (à Edouard, avec le désordre dune passion naissarile.) Cette longue douleur n'a point terni ses charmes. Autrefois , à l'autel , mon indomptable orgueil

Laissa sur elle à peine échapper un coup d'œil : Si j'eusse pu la voir, ah! l'aurois-je outragée?

[à Blanche.) De mon perfide amour vous êtes bien vengée. Le voici ce moment trop long-temps attendu, Ce jour de mon bonheur, ce jour de ma vertu, Oii l'ame de Bourbon va me faire une autre ame ! Je veux, après l'affront de mon hymen infâme, Aux yeux de ce héros , défenseur de mes droits , Tour-à-tour le vainqueur et le vengeur des rois. Aux yeux de tout mon camp, de l'Europe étonnée, Former les nœuds brillants d'un nouvel hyménée.

(// donne un coup et œil à Edouard.)

BLANCHE

Dans ce grand changement qu'à peine je conçois. Interdite, et doutant des vœux que je reçois. Je crains qu'un tel retour soit l'ouvrage d'un songe, Et qu'en mes premiers maux le réveil me replonge.

(à don Pèdre.) Seigneur, par des remords si nouveaux et si prompts. Un seul moment peut-il effacer tant d'affronts? De mon hymen fatal je révère la chaîne , Mon malheur fut toujours de vous devoir ma haine : J'oublierai, par vertu , l'arrêt de mon trépas ; Mais puis-je sans horreur me voir entre vos bras, Fumants encor du sang de la Castille entière?

(à Edouard. ) Prince, il faut, avant tout, m'éclaircir un mystère. Je puis, me disiez-vous , disposer de mon cœur ; Je suis libre. Et comment?

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