‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 252 sur 325 · ACTE V, SCÈNE 111. 35t · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE 111. 35t

Enfin j'ai vu la guerre avec l'horreur d'un sage. Je veillois sur les jours de ce brave Africain, Près de moi , sans rançon, renvoyé par Guesclin. Mais du roi mon aïeul j'ai pris pour vous l'exemple: Je sais qu'en criminel l'Espagne vous contemple ; Je veux que mon respect impose à son courroux; Que l'on soit généreux , et non juste envers vous. Quand on saura, malgré tous vos droits à ma haine , Que le seul diadème et la dompte et l'enchaîne, •Vos peuples sentiront qu'aux fers même livré Le roi le plus coupable est un objet sacré. Bien plus : approuvez-vous le zélé qui m'anime ? Henri, Bourbon, Guesclin , m'accordent quelque estime, Et seul je puis encor ménager un traité Qui garde au nom du roi toute sa majesté. La tour où je vous vois protège cette place. C'est l'autre extrémité que le vainqueur menace; J'y vole de l'assaut suspendre les apprêts. Si Henri me refuse une équitable paix.

Je reviens et défends votre personne auguste , Comme je le vengeois quand vous étiez injuste: Il va me voir pour vous expirer aujourd'hui, Tel qu'il m'a vu tantôt près d'expirer pour lui. Dans un prince outragé ce discours vous étonne : Mais quand le ciel punit, il veut que je pardonne.

D. pÈdre.

Je l'ai bien dit, mes maux sont comblés en effet : Rien n'accable un ingrat, comme un nouveau bienfait.

( // se lève. ) Je ne dégrade point , dans ma honte fatale ,

En tombant à vos pieds, la majesté royale; Je sens trop qu'Edouard ne le souffriroit pas. Allez, et disposez de moi , de mes états. Qu'exigeroit Henri dans sa fnreur jalouse? Il m'a tout enlevé, mon trône et mon épouse.

F E R N A JJ D , vivement à don Pèdre. Seigneur, près de ce prince agréez mes secours. Bourbon n'oubliera pas que j'ai sauvé ses jours; Qu'elle accorde à mon roi tout le prix de mon zèle, Je serai trop payé d'avoir été fidèle.

EDOUARD, en montrant Fernand.

O don Pèdre , et c'est vous qu'ainsi je vois servir ! Jugez comment on sert les rois qu'on peut chérir. ( // sott en embrassant Fernand, qu'il emmené. )

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