ACTE III, SCKNi: XVI. 4.<j
De vos justes raisons j'ai senti la puissance: Votre vertu craignoit de revoir un amant, Et doit plus ([ue jamais le craindre en ce moment; Car, je n'en doute pas, vous êtes informée Que llaoul , démentant la vaine renommée. Vit et revient vainqueur? Jugez si , dans ce jour. Où j'ai connu par vous sa flamme et votre amour, J'approuve et je chéris la noble retenue
( avec ironie. ) Qui fuit si prudemment les dangers de sa vue. Mon cœur à des soupçons ne peut plus s'arrêter; Je sais sur vos serments combien je dois compter. Vous n'abuserez point du temps de mon absence Pour souffrir de Raoul la coupable présence, Et si dans ce palais il osoit pénétrer,
( avec wenace. ) Vous-même à mes vengeurs il faudroit le livrer.
G A BRI ELLE
Seigneur, sans mon aveu, si sa flamme indiscrète Osoit chercher ma vue et troubler ma retraite, Je croirois que l'honneur, l'exilant sans retour. Et vous révélant tout, fléchiroit votre amour.
FAYEL, impétueusement.
Rien ne le sauveroit de ma fureur extrême.
[à part.) Je m'emporte.
GABRIEL LE, à part.
Gardons de me trahir moi-même!
FA TEL, plus trnnfinillc.
Ce nouxel écuyer, dans ma cour inconnu.
Au nom de votre amant est peut-être venu!
GABRIELLE, Ireinblante.
De Raoul !... Vous croiriez ?...
F A Y E L , l interrompant.
Que j'aime à voir ce trouble ( ironiquement. ) [Gabrielle paroît encore plus effrayée. ) Il me rassiH-e. ï.h quoi 1 votre frayeur redouble! Quel en est donc l'objet?
GABRIELLE, se remettant.
Rien ne doit m'effrayer:
Sans mystère en ces lieux j'ai ^u cet écuyer; Moulac a su par lui le retour de son maître.
FAY EL
Jlonlac l'attend ailleurs, pour peu d instants peut-être, ^lais l'ami de iUiétel devroit-il se cacher?
GABRIELLE
Il est parti.
J'en doute, et je le fais chercher.
[amèrement.) Comme il connoit Raoul, je lui voudroi-; apprendre, S'il sonjje à me tromper, le sort qu'd doit attendre...
(à part, avec joie, en voyant entrer ses gardes. ) Il vient, j'entends du bruit...