ACTE V, SCÈNE XII. 45-i
(à Isaure,en rc/jardatit Fayel.) Isaure, le vois-tu?... Ce tigre ensanglanté
S'acharne à tlécliirer les restes du carnage... Vois ce cœur palpitant que frappe encor sa rage... Sous les couteaux tranchants j'entends ce cœur gémir...
{Fayct désolé tombe sur un siège. ) Vois ses lambeaux épars, que Favel vient m'offrir...
(à Fayel.) *
Arrête, monstre! arrête!... Eh quoi! tes mains fumantes Osent porter ce cœur sur mes lèvres sanglantes!
FAYEL, à part. Dieu ! suis-je assez puni?
GABRiEtLE, à part, respirant à peine, et tCurte voix éteinte.
Ce coup fiuit mon sort, Tout mon sein se remplit des glaces de la mort...
(Elle prend la lettre et la contemple un moment.) O moitié de mon cœur, à qui l'autre ravie Dans un trépas si long vécut anéantie, Avec toi je la sens enfin se réunir!
Je renais un moment à mon dernier soupir!
[Elle expire.) FAYEL, à part, se levant avec transport., Elle meurt!... Je la suis... J'en vois la route sûre... O parricides mains, déchirez ma blessure! Que mon ame et mon sang, qui brûlent de sortir. Par ce triste chemin se puissent affranchir! (// veut arracher l appareil qui est sur sa blessure.)
ALBÉiiic, à dArmance.
Secondez-moi, d'Armance. arrêtons sa furie.
452 GABllIELLE DE VERGY.
F A TEL, repoussant Albéric , qui veut s'approcher de
lui, et se jetant sur dArmance, lui prend son
poignard et se frappe.
Mon bras seul m'est fidèle, il termine ma vie!...
(7/ tombe aux pieds de Gabrielle.) Ah ! j'expire à ses pieds... Amis, qu'un seul tombeau
[désignant le cœur de Coucy. ) Avec elle... et ce cœur. ..enferme leur bourreau...
(à Gabrielle , en lui prenant la main, ) Ton ame fuit en vain mon ame qui l'adore; Qu'à ta main, malgré toi, ma main s'unisse encore!... Impitoyable amour! où nous as- tu conduits? Les crimes, les malheurs, voilà tes dignes fruits!