LE COMTE D'HARCOURT
Dans mes sens soulevés quel tumulte confus ! Je rougis de moi-même et ne me counois plus. Cité que je remplis d'infortune et de gloire, Contemple ton vainqueur; il pleure sa victoire... Cher liarcourt, ô mon frère, à mes yeux immolé! O mortel vertueux!... à qui j'ai ressemblé, Sans cesse autour de moi je vois ton ombre errante: J'entends les longs sanglots de ta bouche expirante. Que de devoirs sarrés, méconnus si long-temps, Rentrent tous dans mon ame à tes derniers accents! Ils frappent, par ta voix, mon oreille éperdue; Ton sang de tous côtés les retrace à ma vue. La honte, les remords, la rage, la douleur. Mille poisons brûlants fermentent dans mon cœur; Et l'amour, plus terrible en ce désordre extrême. S'accroît par les tourments qu'il redouble lui-même. O toi dont j'ai trahi la respectable ardtur. Dont j'ai semé les jours d'amertume et d'horreur, Si la veng' ance habite en ton ame outragée , Viçns jouir de mes maux : ils t'ont assez vengée.
LE SIÈGE DE CALAIS. nr