ACTE 11, SCKNE IV. ut
Et, des lois d'un héros ignorant la douceur, 3e j)niiit elle-même en fuyant son bonheur. Partez, prenez encor l'usurpateur pour maître; Mais sachez qu'un tel roi n'a pas long-temps à l'être, Et que sous ses drapeaux, s'il peut les relever. Le bras de vos vainqueurs saura vous retrouver. D'Edouard cependant la sévère justice Exige, et j'en frémis, un sanglant sacrifice! « Ma clémence, dit-il, n'a fait (jue des ingrats, « Et par l'impunité j'invite aux attentats; « Le châtiment du crime en détruira l'exemple, n Il veut qu'avec terreur la France vous contemple...
( avec embarras. ) Au glaive des bourreaux il vient de condamner Siv de vos citoyens, qu'il faut la'abandonner. Qu'en partant de ces murs votre choix me les livre. Allez ; c'est à ce prix qu'il vous permet de vivre.
AMBLÉTUSE.
A cotte indignité nous nous verrions réduits?
A L 1 É N o R , à Harcourt.
Et de ton crime encor voilà de nouveaux fruits!
H ARCOLRT.
Ah ! Dieu !
SAINT-PIE R n E, à paît.
Soutiens, ô ciel, la vertu malheureuse!
aurÉle, à part.
O de la cruauté recherche industrieuse!
Férocité tranquille en sa feinte douceur, Qui même avec le jour veut nous ravir l'honneur? L'Anglais va doublement repaître sa furie
îi8 LE SIEGE DE CALAIS.
Du sang de uos guerriers et de notre infamie. C'est peu pour Edouard d'immoler sis héros, Il veut qu'eu les livrant nous soyons leurs bourreaux, Nous, placer sous le fer les têtes les plus chères, Un père, des amis, nos enfants ou nus frères? Ah! je frémis d'horreur qu'on ose à des Français Prescrire insolemment de si lâches forfaits!
(à Mauni. ) Qui peut les ordonner les comraettroit sans doute. C'est la honte en ces lieux, non la mort qu'on redout D'un peuple vertueux le courage éprouvé, Par un an de combats doit vous l'avoir prouvé; Et ses derniers moments vont encor vous l'apprendre
[aux bourgeois. ) Tombons, braves amis, sous notre ville en cendre.
( à Aliénor. ) Vous nous l'aviez bien dit : c'est l'unique secours Qui sauve notre gloire au défaut de no? jours. Privons notre ennemi, par cet effort insigne, Du fruit de ses exploits, dont il se rend indigne.
( à Mauni. ) Qu'aux yeux de l'avenir la place où fut Calais Consacre nos vertus, atteste vos forfaits. Et soit le monument le plus brillant, peut-être. Que l'amour des Français ait offert à leur maître!
( Les bourgeois font un pas pour sorti, HARCOLTiiT, impétueusement, aux bourgeois, en les
retenant.
Non, braves citoyens, non , je ne puis souffrir Cette sublime horreur où je vous vois courir.