SCÈNE I
LE CHEVALIER, LA PRÉSIDENTE; LA COMTESSE, déguisée en suivante sous le nom de Finette.
LA PRÉSIDENTE
En vérité, comtesse, tu es folle de t'être déguisée de la sorte ; je ne souffrirai point absolunient que tu passes ici pour ma femmes de chambre.
LA COMTESSE
Ma chère présidente, tu sais que j'ai mes raisons. Le marquis de Floribel, que mes parents me veulent donner pour époux , doit arriver ici dans ce jour: nous ne nous sommes jamais vus ni l'un ni l'autre; et si sa figure et ses manières ne me conviennent pas, sans lui déclarer mes sentiments, sans lui rien dire , j'irai d'abord me jeter dans un couvent. Je lui veux épargner la honte
igô LE GALANT COUREUR.
d'être refusé, et à moi l'embaiTas de lui faire un
mauvais compliment.
LE CHEV.\LIER
Madame, le marquis de Floribel, comme je vous ai dit, est mon ami; je le connois depuis long-temps : il est un peu folâtre à la vérité, mais d'ailleurs très brave cavalier et très riche.
h.\ COMTESSE.
Je le veux croire , mais la réputation qu'il a de courir de belles enbelles,sans s'attachera aucune, me le fait déjà haïr sans le counoitre. Il ne peut aller à ma terre qu'il ne passe par ici, et vous m'avez assuré, chevalier, que vous aviez donné ordre à la poste qu'à son arrivée on lui dit que vous étiez dans ce château.
LE CBEV ALIER.
J'ai envoyé un de mes gens qui le connoit, et qui l'amènera en droiture ici.
LA COMTESSE
C'en est assez. Parlons maintenant de tes affaires, ma chère présidente : quand épouses-tu le chevalier?
LA PRÉSIDENTE
Ce jour même. J'ai envoyé Marthon à Pans pour nous amener un notaire, et pour s'informer quel étoit l'i'poux cpje mon vieux fou d'oncle me vouloit obliger d'accepter, et en même temps lui