SCENE XXV. î
LE MARQUIS
Ah! belle Finette, c'en est trop ; il est temps de me découvrir : vous voyez dans Jolicœur le marquis de Floribel lui-même.
LA COMTESSE
Seroit-il possible?
RCSTAUT.
Peste! j'ai bien senti que le soufflet qu'il m'a donné étoit de qualité.
LE MARQUIS
Cette aventure a lieu de vous surprendre.
LA COMTESSE
Je ne suis pas plus surprise que vous allez l'être, en apprenant que Finette n'est autre que la comtesse Dorimène.
LE MARQUIS
Ah! quelle joie pour moi!
MARTHOK.
En voici bien d'une autre. Pardonnez-moi, madame, si j'ai dit tantôt que la comtesse Dorimène étoit une folle ; je ne croyois pas que c'étoit vous.
LA COMTESSE, au ma?<jfu«.
Oui, je suis Dorimène, qui sous ce déguisement voulois coniioître votre cœur et votre personne ; heureuse, si le ca'ur est aussi sincère que la personne m'est agréable !
LE MARQUIS
Votre personne m'a charmé ; et quand vous ne seriez pas ce que vous êtes , mou cœur ne dédiroit point mes yeux.
RUSTAUT
Parbleu! Marthon,tu serois bien surprise de trouver aussi un marquis sous ma casaque.
MARTHOW.
Cela seroit plus extraordinaire que de trouver un cocher sous un habit de marquis.
RrSTACT.
Allons, puisque nous voilà tous d'accord, ne songeons qu'à nous réjouir. Monsieur le marquis , au moins, point de rancune ; et, parccque nous avons usé votre linge, n'allez pas par vengeance vous amuser à chiffonner celui de notre ménagère.
Tu es un effronté maroufle.
LE C H K V A L lE R , à la présidente.
Votre oncle, madame, n'aura rien à vous dire quand il saura que le marquis qu'il vous destinoit a pris un autre parti.
LE MARQUIS
Pour moi, jesuis sùrdu consentement du mien.
LA COMTESSE
Et moi, de relui de ma tante.