SCÈNE IV. MOMUS, MERCURE, et les autres
PERSOS.NAGES.
MERCURE
Ah! mon cher Momus, je suis ravi de te trouver ; j'ai à t'apprendre que je suis entré ce matin au service d'une dame capable d'enrichir tes marchands, s'ils veulent ne la point ne'gliger
MOMUS
Et quelle est-elle?
MERCURE
C'est une jeune coquette qui change tous les jours; elle est tantôt belle, tantôt ridicule , et cependant on court toujours après elle. Elle a pour père le Caprice, et pour fille la Curiosité; en un mot , c'est la Nouveauté dont je suis devenu le coureur.
26i LA NOUVEAUTE.
MOMUS
Tu es au service de la Nouveauté? ahl mon cher ami, que tues heureux! tu sers pourtant là une grande friponne.
MERCURE
Pourquoi?
Cest qu'elle vole tous les jours les anciennes marchandises de nos magasins, qu'elle déguise le rai«ux qu'elle peut pour les faire passer ; mais elle a beau faire, on reconnoît toujours ses larcins. Quoi qu'il en soit, que nous viens-tu annoncer de sa part?
MERCURE
Qu'elle viendra aujourd'hui donner ses audiences sur le théâtre de la comédie ; le ridicule des divers originaux qui auront affaire à elle pourra former une espèce de petite comédie d'un goût nouveau , dont la JNouveautésera le sujet et le titre.
Cette idée ne me déplaît pas; mais il faudroit après cela un petit divertissement à la louange de la Nouveauté, quelques vaudevilles.
MERCURE
Cest à cjuoi nous avons pourvu. Annonçons