‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 201 sur 221 · É HANTE · texte numérisé non relu

É HANTE

Bonjour, ma chère Nouveauté. Me reconnoissez-vous?

LA NOUVEAUTÉ

Si je vous reconnois? Je vous vois tous les jours.

ÉLIANTE

Oh! ne dites pas cola; il y a près d'un mois que vous ne m'avez vue. Je vous dirai que ce beau blondin que vous m'aviez fait prendre à la place de cet homme d'affaires est absent depuis trois semaines. Nous nous sommes quittés avec les plus belles protestations du monde ; il devoit revenir au bout de huit jours; je l'attendois avec impatience, je n'ai vu personne. Peut-être a-t-il cru, en prolon{i[eant son absence, me donner plus d'ardeur; il s'est trompé: je me suis habituée insensiblement à ne le plus voir, et à la tin je Tai oublié entièrement.

LA NOUVEAUTÉ

Il est vrai que 1 absence réveille qiu^hjiiefois les désirs; mais, quand elle est trop longue, elle les *.'teint toul-à-fail.

SCKNE VllI 271

ÉLl VNTE.

N'y pensons plus, madame la Nouveauté, n'y pensons plus ; je veux désormais des amants qui ne fassent point de voyages.

LA NOrVEACTÉ.

Si vous vous déclarez pour les sédentaires, j'en ai un à vous offrir, qui pendant un an n'a pas quitté sa maîtresse d'un pas ; il est à présent à louer.

ÉLIA>TE.

Il faudra tâcher de s'en accommoder. Madame la Nouveauté, faites-nous voir un peu ce phénix-là.

LA >orvEAiTÉ.

Le voici qui vient à nous. Sitôt qu'il vous a vue, il a été charmé de votre personne.

ÉLI ASTE.

Ah! c'est un petit-maître de robe. Je n'en ai point encore eu dans ce goût, et je ne serai pas fâchée que mon cœur contente là-dessus sa curiosité.

272 LA NOUVEAUTÉ

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