SCÈNE X
LE NOUVELLISTE
Le eonteatemeat d'avoir été juste dans mes conjectures.
LA ISOCVE\rTÉ.
Et quand vous vous êtes trompé?
LE XOUVELLISTE.
Ah! j'en ressens un chagrin mortel. Par exemple , les troubles de Perse m'empêchent toutes les nuits de dormir, et je me couchai Fautre jour sans souper, lorsque j'eus appris que le siège d'Ispahan étoit résolu; j'avois gagé qu'il ne se feroit pas.
LA NOCVEAETÉ.
Et qui étes-vous pour vous intéresser ainsi à tous le» événements du monde ?
LE NOUVELLISTE
Je ne suis rien. J'ai près de cent écus de revenu. Je passe les journées entières au café à apprendre et à débiter des nouvelles. Je tire tribut de la réussite ou de la chute des pièces de théâtre. Voilà tout mon emploi.
LA. NOUVEAUTÉ
Quoi! vous hantez les cafés? Et ce sont les lieux où je suis le plus souhaitée; on m'y attend à toute heure. J'ai beau souvent être accompagnée de tristesse, ou a toujours l'impatience de me voir arriver; et tel me vient débiter les larmes
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aux yeux, qui ne laisse pas d'avoir un secret plaisir d'être le premier 0 m annoncer. On ne m'y peint pas toujours telle que je suis; chacun me deHgure selon ses intérêts ou ses conjectures. Cent mille hommes déplus ou de moins ne coûtent rien à expédier jiour cela, et l'on m'a fait souvent pid)lier la victoire avant même que la bataille fiit donnée.
LE NOUVELLISTE
Il est vrai; et c'est pourquoi je m'adresse à vous-même pour avoir des nouvelles de la première main. Par exemple, on vous a aunoncée pour aujourd'hui sur le théâtre Français : y sere»vous bonne ou mauvaise?
LA KOVVEACTÉ.
Selon. Qu'en pensent vos messieurs?
LE NOUVELLISTE
Ma foi, pas grand'chose. Voilà cependant un billet de parterre que j'ai reçu de la part de vos partisans pour vous applaudir; mais en voici en même temps un autre do la part de la cabale pour vous siffler : j'entrerai à la comédie avec l'un, et je souperai de l'autre.
LA NOUVEAUTÉ
l'",t |)()ur qui vous déclarerez-vous?
LE NOUVELLISTE
Je resterai neutre , (-(jnune j'ai Fait à l'Opéra