SCÈNE III
MARIN
Vin[;t louis! malepeste! .\ilous, mon cher Marin , Il ne faut pas r.'ster dans un si beau chemin. Mais (juoi ! trahir Damon ! Non , cela ne peut être : Il ne faut pas, ma foi, trahir un si bon maître; Il vient (le m'assurer certaine pension Qui clans la suite aura quelque augmentation : Et le tout , pour venir ici lenr faire accroire Qu'il est aveugle. Allons, il y va de ma gloire De soutenir toujours ce que j'ai commencé. Des gens nous ont mandé que monsieur l'Empesé, Ce médecin pimpant, ce marchand de denrées Pour rétablir le teint des beautés délabrées, Étoit dans ce logis du matin jusqu'au soir. Que même Léonor lui donnoit quelque espoir. Ou nous mande de plus qu'elle adore Léandre, Et qu'il est à Paris quand on le croit en Flandre; C'est ce que dans ce jour mon maître veut savoir, Et qu'il verra bien mieux, feignant de ne rien voir. Ce qu'il en fait pourtant n'est pas par jalousie; Il doit être guéri de cette frénésie : Il vent se réjouir; c'est là, je crois, son but. Mettre à bout Léonor et ses amants... Mais chut ! La voici de retour aussi bien que Lisette. Prenons de toutes mains, et (Uiix)ns la coquette.
L'AVEUGLK CLAIRVOYANT. 65