SCENE XVI
Vous n'êtes point partie encore, et votre amour...
MARIN
Pardonnez-moi, monsieur, c'est qu'elle est de retour.
damon.
Eh bien! qu'avez-vcms fait?
MARIN
Le notaire est en ville.
DAMOX.
Il en faut prendre un autre, est-il si difficile?
LISETTE
Elle y va retourner.
DA.MON
Qu'elle reste un moment.
Je serai bien payé de ce retardement.
Par les douceurs qui vont sortir de cette bouche. Redites donc cent fois que mon amour vous touche ; Redoublez, Léonor, ces soupirs amoureux, Qui viennent de me mettre au comble de mes vœux.
LÉo.N'OR, bas, à Marin.
Que lui disoit ma tante?
MARIN
Ab ! j'aurois de la peine X m'en ressouvenir.
LÉ ON OR, à part.
Juste ciel ! quelle gène I Parlons, puisqu'il le faut. Oui, je u'aime que vous.
{se tournant du côté de Léandre.) Je fais tout mon bonheur de vous voir mon époux.
D A M O N , lias.
Quelle impudence! mais ne faisons rien connoîlre.
( haut. ) Que je suis satisfait ! (jue j'ai sujet de l'être ! Ue ma reconnoissance attendez les effets.
LÉONOR
Je n'en mérite point de tout ce que je fais. Croyez que je ne suis que mon amour extrême,
(se tournant toujours du côté de Léandrc. ) Et que je vois ici le seul objet que j'aime.
MARIN, à Léonor. Que ne peut-il vous voir de même en ces instants 1 Ah ! qu'il seroit content !
D A M o iN .
Si je ne vois , j'entends.
LÉON OR, donnant la main à Léandre.
Oui, ma main suit mon cœur, et dans cette journée Mes vœux seront remplis, si les nœuds iriiyméuëe...
UAMON, prenant la main de Léandre.
Donnez-moi cette main qui va me rendre heureux. Que par mille baisers, aussi doux qu'amoureux... Quelle main est-ce là? que faut-il que je pense?
M A It I \ , s'approi:liant.
C'est la mienne , monsieur.
DAMON, donnant un soujjlet à Léandre.
Tiens , de ton insolence .
Maraud , voilà le prix.