SCENE XVIII
MARIN
[bas.) {haut.)
Il gobe l'hameçon. On voit assez d'amis Prendre eu de certains cas la place des maris; Mais ils s'en tiennent là , sans risquer davantage , Et laissent au.K époux les charges du ménage.
DAMON
Enfin je vois qu'il faut exposer ma santé. Car personne jamais n'aura tant de bouté.
l'empesé.
Pardonnez-moi, monsieur, j'ai trouvé votre affaire, Un homme à qui déjà Léonor a su plaire , Et qui d'cdlleurs , je crois , ne lui déplairoit pas.
DAMON
Qui seroit-ce? L'espoir de sortir d'embarras Flatte déjà mon cœur, et ma joie est extrême. >i'hésitez pohit, monsieur, à le nommer. l'empesé.
Moi-même , Qui de vous obliger eus toujours grand désir.
DAMON
Quoi! vous pourriez, monsieur, me faire ce plaisir? Épouser Léonor? ah ! quelle complaisance ! Quels seront les effets de ma reconnoissance !
MARIN, à Daman.
Voila ce qui s'appelle un véritable ami; Monsieur ne vous veut pas obUger à demi.
DAMON
l'iiiscjuc vous voulez bien me faire cette grâce,
Vous n'avez qu'à signer le contrat en ma place : On va me l'apporter dans ce même moment.
l'empesé.
Léonor en sera ravie assurémei't.
DAMOÎi.
Pour plus de sûreté , faisons croire au notaire Que vous êtes celui pour qui se fait l'affaire : Le contrat est déjà signé de Léonor, Et comme ou u'a pas mis mes qualités encor, Avecque votre nom on y mettra les vôtres.
MARIM.
H faut bien s'obliger ainsi les uns les autres. Mais le notaire vient.
D A M ON , rt l'Empesé.
Cachons-lui tout ceci.
( à Marin. ) Toi, prends garde qu'aucuu ne nous surprenne ici. (Marin apporte taie table et deux sièges avant de s'en aller. )