SCÈNE XXVII
DAMON, LÉONOR, LISETTE, MARIN; LÉ ANDRE, caché.
DAMON
Ah ! quel boidieur extrême!
Quoi l je puis donc enfin revoir tout ce que j'aime ! Prenez part, Léonor, au plaisir que je sens. O ciel ! quel teint ! quels yeux! quels appas ravissants ! Comment donc , malheureux ! tu la disois affreuse.
MARIN
C'est votre guérison qui la rend si joyeuse , Qu'elle a dans un moment repris tous ses attraits.
DAMON
Oui, je vous trouve encor plus belle ([ue jamais. Vous lie me dites rien, que faut-il que je croie?
MARIN
Ce silence est encore un effet de sa joie.
DAMON
Je veux bien m'en flatter. Qu'il est doux, mes enfants. De revoir la lumière après un si lung-temps!
loo L'AVEUGLE CLAIRVOYANT.
Je croyois n'avoir plus ce bonheur de ma vie. Ah! quel plaisir chamiant ! déjà je meurs d'envie De revoir tous ces lieux , et sur-tout mes tableaux : Ce vont être pour moi des spectacles nouveaux.
L É o X o R , bas , à Lisette.
Dans son grand cabinet il va d'abord se rendre. Que ferons-nous , Lisette? il y va voir Léaudre. LISETTE, en empêchant Damon d'entrer datis le cabinet, (bas, à Léonor.) Il faut parer le coup. Mais croyez-vous, monsieur, Ne voir clair que d'uu œil?
DAMON
Pourquoi ?
Si par bonheur Vous voyiez de tous deux?
DAMON
Non, cela ne peut être.
LISETTE
Dans ce moment, monsieur, nous le pourrons connoître. Souffrez cpi'avec ma main...
D AMON
Oui-dà, je le veux bien.
LISETTE, lui couvrant l'œil droit avec sa main. Parlez, que voyez-vous?
DAMON
Parbleu, je ne \ois rien.
LISETTE
Flien du tout?