SCENE XXIX. io
LA TANTE
Si VOUS voyez si clair, regardez votre femme ; J'ai signé le contrat pour ma nièce, u A M o N .
Ah , madame '.
LA TAi\TE.
Cela vous fâche un peu ?
D AMON
JMoi , madame? pourquoi?
C'est monsieur l'Empesé (jui l'a signé pour moi. Regardez votre époux.
LA TANTE
Vous vous moquez , je pense.
D AMON
Je ne me moqiie point, je parle en conscience.
l'empesé.
Que veut dire cela ?
MARIN
Que, pour l'avoir guéri, [montrant la taîite) De ce jeune tendron il vous a fait mari.
DAMON
Pouvois-je mieux payer un si rare service ?
l'empesé.
Une vieille !
LA TANTE
Un benêt !
Une folle !
io4 L'AVEUGLE CLAIRVOYANT.
LA TANTE
Un jocrisse !
MARIN
Fort bien, continuez; c'est à des noms si doux Qu'on reconnoît déjà que vous êtes époux.
LA TANTE
Pour me venger de vous, oui, je serai sa femme, Et je vous ferai voir...
l'empesé.
Non, s'il vous plaît, madame.
LA TANTE
Tout comme il vous plaira, monsieur. Arrangez- vous; Il faut qu'il me revienne, à bon compte, un époux.
l'empesé.
Ah , parbleu ! vous pouvez vous assurer d'un autre. A mon âge épouser une femme du vôtre?
Vous avez cinquante ans , et des mieux mesurés.
MARI X
Eh! qu'importe, monsieur? vous la rajeunirez: Donnez-lui de cette eau qui pèle le visage.
l'empesé.
Ah! c'est ilonc toi, maraud, avec ton beau langage. Qui m'as fait tout du long donner dans le panneau? Je ne sais qui me tient.
D A MON
Tout beau, monsieur, tout beau, Ne vous emportez point.
Qu'as-tu fait, double traître?