SCÈNE VI
LE BARON, VALSAIN.
LE BARON, ne voyant pas encore que le chevalier est parti.
Tu viens à propos aujourd'hui.
Il faut, Valsain, que je l'avoue, Four m'empêcher de trépasser d'ennui Avec ce triste amant qui fait toujours la moue.
{s'apercevant du départ du chevalier. ) Bon ! jouis-tu déjà de son inimitié?
Il est parti sans dire gare.
V ALSAIN.
c'est un personnage bizarre , Et dont il faut avoir pitié.
LE BARON
Ah! je n'ai point d'indulgence aussi rare. Quand on me fait sécher sur pied.
VALSAIN.
Faites-lui grâce : allez , je le défie
De nous ennuyer en ce jour.
Je vous amène ici renfort de compagnie. Et (jui nous distraira de tout ce fol amour.
C'est un rival sans conséquence.
Que le jaloux verra sans trouble et sans effroi ;
La comtesse de Valleroi, Qui prétend avec vous renouer coanoissance.
LE BARON
Nous nous connoissons peu , ne nous convenons pas.
VALSAI N.
c'est pourtant, cher baron, une femme adorable,
Une chasseuse infatigable.
Qui marchera bravement sur vos pas.
Nous nous sommes trouvés en grande compagnie Chez un de vos voisins, le marquis de Lusse; Nous avons benucoup ri , chanté, dansé, chassé.
J'ai dit à ma franche étourdie Que je venois chez vous : elle, sans balancer. Et regrettant beaucoup de ne pouvoir me suivre.
De me charger de l'annoncer.
Si vous voulez que je vous en délivre, Je rebrousse chemin.
LE BARON
Non, non, n'en faites rien,;